Les vraies valeurs sont-elles locales ? …. 2/2

Posté le 10 March 2008 @ 10:21

(From venus)

Il y a quelques jours, nous nous nous interrogions sur la façon dont une sorte de “crowd-generated brand” (en bon vieux français, n’est-ce pas ?) pourrait se retrouver autour d’un socle de valeurs fondatrices d’une marque…

Les initiatives globales comme nvohk posent aussi une question de valeur personnelle : s’investit-on vraiment quand on s’investit “à distance”, même en partageant une communauté d’intérêt ? Les communautés virtuelles ont justement cet intérêt qu’elles sont..virtuelles : je peux m’inscrire et me désinscrire du jour au lendemain, modifier mon identité, multiplier mes “contributions”…

Pour autant, suis-je autant exposée quand je m’implique dans un prêt ou un don version “2.0″ pour une femme au Bengladesh (cf kiva, zopa, et autres prosper... ), que quand je m’engage auprès de mon…voisin ? Allons nous entretenir une morale digitale et une morale mortar ? Of course not, et personne n’a attendu l’avènement du 2.0 pour se rendre compte qu’il était toujours plus aisé de faire sa B.A de manière anonyme, “à distance” , qu’en s’impliquant personnellement. Bref, la proximité, parce qu’elle nous rend visible et accessible des autres, nous ramènerait-elle à un exercice plus sincère de valeurs ? En matière de prêts entre particuliers justement, la proximité a du sens dans la mesure où l’on prêtera sans doute plus facilement à une personne ayant des préoccupations proches des nôtres (je ne parle pas de dons, mais de prêts avec intérêts, et je parle bien sûr hors France) ; c’est le modèle Prosper.

Alors imaginez : prêter au fermier du coin qui a besoin de quelques capitaux pour acheter ses vaches, par exemple. Le crédit à l’agricole ? Oui, mais sans banque, figurez-vous (dès que M6 voudra bien rediffuser son émission du 22 février “100% mag” où une expérience française y était relatée, vous comprendrez!).

A condition d’aimer le fromage, puisque, en contrepartie des montants investis, vous recevrez certes 10% du capital, mais aussi quelques Kg annuels de fromages de votre bovidé favori ! Il n’ y pas à dire, impliqué, exposé, nourri… vous le serez ;-) .

Imaginez le même concept en copié-collé version “2.0″ et alliant prêt “peer to peer” en proximité locale, (avec ou sans le fromage)…A tous les grincheux qui soutiennent l’impossibilité d’un tel scénario en France, je souhaite bon courage (voir ici bonne lecture sur blog de M Billaut).

Sinon, et si le fromage vous manque, vous pouvez toujours louer une vache Suisse, ou alors relire contrat sur une poule… vous verrez : le bon sens paysan n’a pas toujours fait HEC ou les séminaires de Loïc Lemeur, mais il est assez puissant…

Enfin et pour qu’il n’y ait point de confusion, cela ne m’empêche pas de trouver géniale l’idée de sites comme Kiva, Zopa et Prosper. Bien au contraire, j’ose espérer qu’ils ouvriront la voie à des déclinaisons non seulement locales (nations) mais aussi et surtout hyper-locales…

Meuh oui, dit la vache.

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